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Au revoir Burundi, bonjour Rwanda

toute bonne chose à une fin...

J’ai beau avoir l’habitude des voyages, c’est systématiquement pareil.
À partir de la moitié du séjour, peu importe sa durée. Tout déboule. On manque de temps pour tout faire, pour tout voir.
La première semaine, c’est la découverte, l’adaptation. Le muzungu sort timidement de son auberge, va voir un peu dehors et puis rentre.
Puis, la deuxième semaine, il s’est fait des amis, des contacts pour son travail, il court toute la journée d’un rendez-vous à l’autre, dans l’anarchie de la circulation africaine, la poussière, la fumée.

Le soir venu, c’est les amis, les brochettes de chèvre et la bière.
Et ici, la bière, ce n’est pas de la p’tite bière !
La Primus se vend en format de 72 cl. Ayoye.
Et avec la chaleur qu’il fait, elle est tiède avant d’avoir atteint le fond !

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Enfin bref, arrive la troisième et dernière semaine.
Là, c’est la course. On veut en profiter à fond. La fin arrive trop vite.
J’ai adoré le Burundi.
J’ai adoré les Burundais.
J’ai adoré les bazungus (pluriel de muzungu, i.e. blanc) que j’y ai rencontrés aussi.
Je n’avais plus envie de partir.
J’ai même songé à abandonner le volet Rwanda de mon séjour pour rester une semaine de plus au Burundi.
Mais je sais que je m’en serais voulu d’être allé si près du pays des mille collines sans y mettre les pieds.

J’ai donc pris le bus pour Kigali.
(Parenthèse : avant de partir, j’achète un paquet de gomme à un vendeur ambulant qui trainait autour du bus. Je m’assieds et regarde par la fenêtre le gars qui s’engueule avec un autre passager. Le passager en question monte dans le bus, un peu en colère, et m’explique que le vendeur voulait lui vendre le même paquet de gomme plus cher qu’à moi. C’est qu’ici, il n’y a pas de prix affiché, tout se négocie donc. Ça a l’air que j’avais bien négocié ! Le gars m’a dit que j’étais devenu burundais. Eh ben !)

Le bus, donc. Bujumbura-Kigali.
Six heures de route pour environ 300 kilomètres.
C’est que ça tourne dans les collines !
Et il y a des chèvres, des enfants, des vélos chargés de bananes, des camions en panne, des trous.
Ça ralentit un bus, ça !

Puis, au détour d’une courbe, des barrières, des véhicules de police, des camions en file. La frontière ! Entre deux collines, au bord d’une rivière. Pas vraiment de maisons, mais c’est comme un village. Des taxis attendent, des vendeurs ambulants vous proposent des cartes SIM de l’un ou l’autre des deux pays pour votre téléphone portable. D’autres vous offrent de changer votre monnaie. D’autres vous proposent des petits gâteaux, des boissons et... du RedBull. Ah oui, parce que le RedBull, ça, il s’en boit ici. Il y en a même qui vous proposent des sacs de papier.

Des sacs de papier ?
J’ai compris à la deuxième barrière, celle pour entrer au Rwanda.
Un douanier fouille les bagages. Sommairement, mais quand même.
Et qu’est-ce qu’il saisit systématiquement ? Les sacs de plastique ! Ils sont interdits au Rwanda. Pas mal, quand même, pour un pays africain. Évidemment, nous étions plusieurs à ne pas savoir et à avoir mis nos sandales, une collation ou des vêtements humides dans un petit sac. Le douanier les vide de leur contenu et... les jette par terre !
Ben oui, ils sont interdits au Rwanda pour ne pas polluer, mais ce n’est pas interdit de polluer au Burundi !

À la douane, on vous pose quelques questions, puis on vous souhaite bon voyage.
Ça, c’est si vous êtes canadien.
Mais la Française qui faisait le voyage avec moi, elle, ouh là.
C’est que la France et le Rwanda ont rompu leurs relations diplomatiques depuis, quoi, deux ans ? Paraît qu’il ne faut pas inviter Sarkozy et Kagamé au même party. Des histoires en lien avec le génocide... Bref, les Français ne sont pas bienvenus au Rwanda. Déjà qu’à l’ambassade du Rwanda à Bujumbura, elle avait eu du mal à avoir son visa. Là, les douaniers s’arrêtaient sur chaque petit détail. « Le nom du quartier où vous allez à Kigali, ce n’est pas suffisant. Il faut l’adresse. ». Une adresse en Afrique ? Bonne chance ! « Et le numéro de téléphone aussi. » Diantre. J’allais au même endroit, je n’avais indiqué aucun détail sur ma fiche et on ne m’a jamais posé toutes ces questions. « Et votre visa, vous avez le reçu qui prouve que vous l’avez payé ? » WTF ??? S’ils l’ont estampillé dans son passeport, elle a bien dû le payer ! Mais il faut rester calme, ne rien dire. Le douanier regarde, scrute, note... puis estampille ! Ouf !

On reprend la route. Wow. Dès les premiers kilomètres, on voit la différence.
La route est en meilleur état. Il y a des lignes sur la chaussée ! Oui oui, des lignes ! Et des panneaux indicateurs ! Si si, je vous le dis. La plupart des constructions sont « en dur », et non pas en terre comme de l’autre côté. Les champs semblent plus symétriques, les cultures plus ordonnées.

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Puis, on arrive à Kigali. Des édifices en hauteur ! Fascinant. Des rues pavées, même dans les quartiers. Pas toutes, mais bon, pas mal, quand même. Des terre-pleins avec du gazon et des petits palmiers. Des feux de circulation. Des policiers souriants qui ne vous demandent pas d’argent quand ils vous contrôlent. Et beaucoup plus de blancs ! Une ville cosmopolite quoi !

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La suite dans quelques jours...

Posted by JTom 00:35

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