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Fascinante Kigali

dernier récit pour ce voyage...

Des quelques villes d’Afrique qu’il m’a été donné de visiter, Kigali fut sans doute la plus surprenante. Quand on y arrive par la route, en se faufilant entre les collines, on est frappé par son allure quasi occidentale : grands boulevards flanqués de terre-pleins verdoyants, avec des fleurs et des petits palmiers, grands édifices, cafés branchés, restaurants chics. Il y a même deux édifices d’une bonne vingtaine d’étages en construction. Bien sûr, il y a en Afrique des villes encore plus développées, comme Maputo, Le Cap ou Nairobi. Mais je ne les ai pas vues. Ma référence est plutôt Bamako, Bujumbura, Arusha. Quelle différence ! D’ailleurs, ça se ressent dans le coût de la vie, nettement plus élevé que tout ce que j’ai vu ailleurs en Afrique.

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Cela dit, cette modernité cache une grande pauvreté. Il y a, même à Kigali, des quartiers pauvres, sans électricité, des maisons en terre, des rues jonchées de trous énormes. C’est une ville de contradictions. De tension, aussi. Linguistique, parce que la nouvelle élite tutsie est beaucoup plus axée sur l’anglais que ne l’était le pouvoir hutu d’avant 1994. Ici, certains parlent anglais et pas français, d’autres l’inverse. Tout dépend d’où ils ont fui, à l’époque. Mais tous parlent le kinyarwanda. Tension sociale, aussi, parce que 15 ans après le génocide, même si les Tutsis et les Hutus vivent ensemble, personne n’a oublié. Et l’ethnie est toujours un facteur que l’on considère, dans l’attribution des postes, notamment. Mais les gens préfèrent regarder devant, et pas derrière. N’empêche, il faut entendre l’un raconter comment il a découvert les corps criblés de balles de son père et de sa soeur, en avril 1994, comment il s’est caché dans la niche de son chien, pendant des jours, sans manger, avant de prendre la fuite dans les collines environnantes. Il faut entendre l’autre raconter qu’il marchait dans les rues, enjambant les cadavres.

Je pense qu’on ne peut pas vraiment imaginer ce que c’était. J’ai visité le Centre mémorial de Kigali, dédié au génocide, qui est parfois à glacer le sang. Comme cette section sur les victimes innocentes, des enfants. Leur photo, leur âge, leur activité préférée et... la façon employée pour les éliminer. Décapité à la machette, abattu d’une balle dans la tête, poignardé dans les yeux. À glacer le sang. Malgré tout, je ne suis pas convaincu que ça traduit l’horreur qu’ont connue les Rwandais.

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Cela dit, à quelques heures de sauter dans l’avion, je suis ravi de mon voyage. Il était cependant peut-être ambitieux de visiter deux pays en un mois, si petits soient-ils. En trois semaines au Burundi, j’ai eu le temps de m’adapter, de connaître des gens, de découvrir la culture. Je n’ai pas eu cette chance au Rwanda. Une semaine, ce n’était pas suffisant. Mais je m’en serais voulu de passer juste à côté sans y mettre les pieds. Voilà, c’est fait, mais il faudra revenir ! Il faudra surtout retourner au Burundi, qui fut un coup de coeur.

Tiens, je vous laisse sur cette anecdote. En Afrique, les gens aiment pimenter leurs plats. Si bien qu’au restaurant, en plus du ketchup, du sel et du poivre, on vous apporte systématiquement ou presque du pili-pili. De la purée de piments, quoi. L’autre jour, je mangeais au restaurant avec la sympathique Canadienne de Yellowknife qui m’a hébergé à Kigali (je sais, faut bien aller en Afrique pour croiser quelqu’un de Yellowknife !) et quelques-uns de ses amis. L’un de ces amis, un jeune cinéaste rwandais, avait amené un jeune cinéaste australien fraîchement débarqué de l’aéroport. Joe venait l’aider pour le tournage de son film. Joe, fin vingtaine, début trentaine, est un gringalet aux cheveux longs fort sympathique... et audacieux ! Quand il a vu le pili-pili et le pilote de brousse texan assis à côté de moi qui en mettait une sacrée couche, il a voulu goûter. Le Rwandais et moi avons eu beau lui dire que le Texan était un peu cinglé, car ce truc est puissant, il a voulu faire pareil. Alors il en a étendu sur sa pizza comme si c’était de la confiture. N’avait-il pas fini de mastiquer sa première bouchée que les larmes lui montèrent aux yeux. Mais il persistait à dire que c'était très bon... Il a tout mangé, après, même, en avoir remis. À la fin du repas, il a avoué candidement : « First, I was thinking about going to the bathroom and cry, but I said to myself, NO, be a man! »... Ah ah ah ! Sacrés Australiens...

Alors, voilà mes aventures en Afrique, édition 2009. Je m’en vais à l’aéroport et je vous retrouverai bientôt avec grand plaisir ! Merci de m’avoir lu.

Posted by JTom 03:39

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