A Travellerspoint blog

By this Author: JTom

Oups... j'oubliais !

Les Mille Collines

J'oubliais de vous parler de l'hôtel des Mille Collines.
C'est cliché, ça fait touriste, mais je DEVAIS prendre cette photo.

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Quelle sensation, quand même, de voir la piscine vide, pour cause de rénovations. Une impression de déjà-vu, pour ceux qui ont vu le film...

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Il n'y a pas de mémorial, pas de référence au génocide, mais le lieu en soit en est un dans notre imaginaire collectif...

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Posted by JTom 04:53 Comments (0)

Fascinante Kigali

dernier récit pour ce voyage...

Des quelques villes d’Afrique qu’il m’a été donné de visiter, Kigali fut sans doute la plus surprenante. Quand on y arrive par la route, en se faufilant entre les collines, on est frappé par son allure quasi occidentale : grands boulevards flanqués de terre-pleins verdoyants, avec des fleurs et des petits palmiers, grands édifices, cafés branchés, restaurants chics. Il y a même deux édifices d’une bonne vingtaine d’étages en construction. Bien sûr, il y a en Afrique des villes encore plus développées, comme Maputo, Le Cap ou Nairobi. Mais je ne les ai pas vues. Ma référence est plutôt Bamako, Bujumbura, Arusha. Quelle différence ! D’ailleurs, ça se ressent dans le coût de la vie, nettement plus élevé que tout ce que j’ai vu ailleurs en Afrique.

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Cela dit, cette modernité cache une grande pauvreté. Il y a, même à Kigali, des quartiers pauvres, sans électricité, des maisons en terre, des rues jonchées de trous énormes. C’est une ville de contradictions. De tension, aussi. Linguistique, parce que la nouvelle élite tutsie est beaucoup plus axée sur l’anglais que ne l’était le pouvoir hutu d’avant 1994. Ici, certains parlent anglais et pas français, d’autres l’inverse. Tout dépend d’où ils ont fui, à l’époque. Mais tous parlent le kinyarwanda. Tension sociale, aussi, parce que 15 ans après le génocide, même si les Tutsis et les Hutus vivent ensemble, personne n’a oublié. Et l’ethnie est toujours un facteur que l’on considère, dans l’attribution des postes, notamment. Mais les gens préfèrent regarder devant, et pas derrière. N’empêche, il faut entendre l’un raconter comment il a découvert les corps criblés de balles de son père et de sa soeur, en avril 1994, comment il s’est caché dans la niche de son chien, pendant des jours, sans manger, avant de prendre la fuite dans les collines environnantes. Il faut entendre l’autre raconter qu’il marchait dans les rues, enjambant les cadavres.

Je pense qu’on ne peut pas vraiment imaginer ce que c’était. J’ai visité le Centre mémorial de Kigali, dédié au génocide, qui est parfois à glacer le sang. Comme cette section sur les victimes innocentes, des enfants. Leur photo, leur âge, leur activité préférée et... la façon employée pour les éliminer. Décapité à la machette, abattu d’une balle dans la tête, poignardé dans les yeux. À glacer le sang. Malgré tout, je ne suis pas convaincu que ça traduit l’horreur qu’ont connue les Rwandais.

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Cela dit, à quelques heures de sauter dans l’avion, je suis ravi de mon voyage. Il était cependant peut-être ambitieux de visiter deux pays en un mois, si petits soient-ils. En trois semaines au Burundi, j’ai eu le temps de m’adapter, de connaître des gens, de découvrir la culture. Je n’ai pas eu cette chance au Rwanda. Une semaine, ce n’était pas suffisant. Mais je m’en serais voulu de passer juste à côté sans y mettre les pieds. Voilà, c’est fait, mais il faudra revenir ! Il faudra surtout retourner au Burundi, qui fut un coup de coeur.

Tiens, je vous laisse sur cette anecdote. En Afrique, les gens aiment pimenter leurs plats. Si bien qu’au restaurant, en plus du ketchup, du sel et du poivre, on vous apporte systématiquement ou presque du pili-pili. De la purée de piments, quoi. L’autre jour, je mangeais au restaurant avec la sympathique Canadienne de Yellowknife qui m’a hébergé à Kigali (je sais, faut bien aller en Afrique pour croiser quelqu’un de Yellowknife !) et quelques-uns de ses amis. L’un de ces amis, un jeune cinéaste rwandais, avait amené un jeune cinéaste australien fraîchement débarqué de l’aéroport. Joe venait l’aider pour le tournage de son film. Joe, fin vingtaine, début trentaine, est un gringalet aux cheveux longs fort sympathique... et audacieux ! Quand il a vu le pili-pili et le pilote de brousse texan assis à côté de moi qui en mettait une sacrée couche, il a voulu goûter. Le Rwandais et moi avons eu beau lui dire que le Texan était un peu cinglé, car ce truc est puissant, il a voulu faire pareil. Alors il en a étendu sur sa pizza comme si c’était de la confiture. N’avait-il pas fini de mastiquer sa première bouchée que les larmes lui montèrent aux yeux. Mais il persistait à dire que c'était très bon... Il a tout mangé, après, même, en avoir remis. À la fin du repas, il a avoué candidement : « First, I was thinking about going to the bathroom and cry, but I said to myself, NO, be a man! »... Ah ah ah ! Sacrés Australiens...

Alors, voilà mes aventures en Afrique, édition 2009. Je m’en vais à l’aéroport et je vous retrouverai bientôt avec grand plaisir ! Merci de m’avoir lu.

Posted by JTom 03:39 Comments (0)

Au revoir Burundi, bonjour Rwanda

toute bonne chose à une fin...

J’ai beau avoir l’habitude des voyages, c’est systématiquement pareil.
À partir de la moitié du séjour, peu importe sa durée. Tout déboule. On manque de temps pour tout faire, pour tout voir.
La première semaine, c’est la découverte, l’adaptation. Le muzungu sort timidement de son auberge, va voir un peu dehors et puis rentre.
Puis, la deuxième semaine, il s’est fait des amis, des contacts pour son travail, il court toute la journée d’un rendez-vous à l’autre, dans l’anarchie de la circulation africaine, la poussière, la fumée.

Le soir venu, c’est les amis, les brochettes de chèvre et la bière.
Et ici, la bière, ce n’est pas de la p’tite bière !
La Primus se vend en format de 72 cl. Ayoye.
Et avec la chaleur qu’il fait, elle est tiède avant d’avoir atteint le fond !

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Enfin bref, arrive la troisième et dernière semaine.
Là, c’est la course. On veut en profiter à fond. La fin arrive trop vite.
J’ai adoré le Burundi.
J’ai adoré les Burundais.
J’ai adoré les bazungus (pluriel de muzungu, i.e. blanc) que j’y ai rencontrés aussi.
Je n’avais plus envie de partir.
J’ai même songé à abandonner le volet Rwanda de mon séjour pour rester une semaine de plus au Burundi.
Mais je sais que je m’en serais voulu d’être allé si près du pays des mille collines sans y mettre les pieds.

J’ai donc pris le bus pour Kigali.
(Parenthèse : avant de partir, j’achète un paquet de gomme à un vendeur ambulant qui trainait autour du bus. Je m’assieds et regarde par la fenêtre le gars qui s’engueule avec un autre passager. Le passager en question monte dans le bus, un peu en colère, et m’explique que le vendeur voulait lui vendre le même paquet de gomme plus cher qu’à moi. C’est qu’ici, il n’y a pas de prix affiché, tout se négocie donc. Ça a l’air que j’avais bien négocié ! Le gars m’a dit que j’étais devenu burundais. Eh ben !)

Le bus, donc. Bujumbura-Kigali.
Six heures de route pour environ 300 kilomètres.
C’est que ça tourne dans les collines !
Et il y a des chèvres, des enfants, des vélos chargés de bananes, des camions en panne, des trous.
Ça ralentit un bus, ça !

Puis, au détour d’une courbe, des barrières, des véhicules de police, des camions en file. La frontière ! Entre deux collines, au bord d’une rivière. Pas vraiment de maisons, mais c’est comme un village. Des taxis attendent, des vendeurs ambulants vous proposent des cartes SIM de l’un ou l’autre des deux pays pour votre téléphone portable. D’autres vous offrent de changer votre monnaie. D’autres vous proposent des petits gâteaux, des boissons et... du RedBull. Ah oui, parce que le RedBull, ça, il s’en boit ici. Il y en a même qui vous proposent des sacs de papier.

Des sacs de papier ?
J’ai compris à la deuxième barrière, celle pour entrer au Rwanda.
Un douanier fouille les bagages. Sommairement, mais quand même.
Et qu’est-ce qu’il saisit systématiquement ? Les sacs de plastique ! Ils sont interdits au Rwanda. Pas mal, quand même, pour un pays africain. Évidemment, nous étions plusieurs à ne pas savoir et à avoir mis nos sandales, une collation ou des vêtements humides dans un petit sac. Le douanier les vide de leur contenu et... les jette par terre !
Ben oui, ils sont interdits au Rwanda pour ne pas polluer, mais ce n’est pas interdit de polluer au Burundi !

À la douane, on vous pose quelques questions, puis on vous souhaite bon voyage.
Ça, c’est si vous êtes canadien.
Mais la Française qui faisait le voyage avec moi, elle, ouh là.
C’est que la France et le Rwanda ont rompu leurs relations diplomatiques depuis, quoi, deux ans ? Paraît qu’il ne faut pas inviter Sarkozy et Kagamé au même party. Des histoires en lien avec le génocide... Bref, les Français ne sont pas bienvenus au Rwanda. Déjà qu’à l’ambassade du Rwanda à Bujumbura, elle avait eu du mal à avoir son visa. Là, les douaniers s’arrêtaient sur chaque petit détail. « Le nom du quartier où vous allez à Kigali, ce n’est pas suffisant. Il faut l’adresse. ». Une adresse en Afrique ? Bonne chance ! « Et le numéro de téléphone aussi. » Diantre. J’allais au même endroit, je n’avais indiqué aucun détail sur ma fiche et on ne m’a jamais posé toutes ces questions. « Et votre visa, vous avez le reçu qui prouve que vous l’avez payé ? » WTF ??? S’ils l’ont estampillé dans son passeport, elle a bien dû le payer ! Mais il faut rester calme, ne rien dire. Le douanier regarde, scrute, note... puis estampille ! Ouf !

On reprend la route. Wow. Dès les premiers kilomètres, on voit la différence.
La route est en meilleur état. Il y a des lignes sur la chaussée ! Oui oui, des lignes ! Et des panneaux indicateurs ! Si si, je vous le dis. La plupart des constructions sont « en dur », et non pas en terre comme de l’autre côté. Les champs semblent plus symétriques, les cultures plus ordonnées.

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Puis, on arrive à Kigali. Des édifices en hauteur ! Fascinant. Des rues pavées, même dans les quartiers. Pas toutes, mais bon, pas mal, quand même. Des terre-pleins avec du gazon et des petits palmiers. Des feux de circulation. Des policiers souriants qui ne vous demandent pas d’argent quand ils vous contrôlent. Et beaucoup plus de blancs ! Une ville cosmopolite quoi !

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La suite dans quelques jours...

Posted by JTom 00:35 Comments (0)

Mon ami Youba

les cicatrices de la guerre

Youba est, comme on dit par chez nous, une « armoire à glace ».
Grand gaillard de 6 pieds 4, environ, large comme deux, avec des rastas.
Genre de personne à qui on dit Monsieur !
Mais Youba est d’une gentillesse, d’une délicatesse. Il ne ferait pas de mal à une mouche.
Je l’ai rencontré via des amis communs, dans un bar chic de Bujumbura.
Il nous avait invités.
Au Burundi, quand on invite des gens quelque part, ça veut dire qu’on paie pour eux. Par juste l’apéro. La soirée au complet.
J’étais un peu gêné, mais mes amis m’ont dit que c’était impoli de refuser.
Il m’a refait le coup quelques fois.
Pas facile d’être poli.
Mais Youba est costaud, alors (...) !

Quand je lui ai dit que j’habitais Québec, m’apprêtant pour une énième fois à expliquer la différence entre la province et la ville, il m’a dit « non, non, c’est bon, je sais. Tu connais le Dagobert ? »
Moment de stupéfaction.
C’est que Youba est en fait... Canadien ! D’origine burundaise, mais Canadien !
Il vit à Kingston, avec son épouse burundaise et leurs deux enfants.
Il est ici en vacances, mais aussi parce qu’il prépare son retour, leur retour.

Youba est revenu pour la première fois au Burundi l’an dernier.
La guerre venait officiellement de se terminer, les rebelles avaient tous accepté de rendre les armes.
Ce retour représentait beaucoup pour lui.
C’est un peu difficile à comprendre pour nous, dans notre confort occidental, qui n’a pas connu les atrocités de la guerre, mais pour lui, ça représente beaucoup.

Car la guerre, ça, Youba, il connaît.
Il en porte les traces. Physiquement.
C’était dans le milieu des années 90, il était allé terminer la soirée dans un bar à la sortie de Bujumbura.
Soudain, des rebelles ont débarqué.
Ils ont mitraillé la place. Au complet. Sans épargner personne.
Et pour s’assurer d’avoir tué tout le monde, ils ont poignardé les cadavres.
Youba n’a pas bronché.
Il a encaissé le coup, laissé la lame pénétrer sa chair, en retenant son souffle.
Les rebelles sont partis, laissant les morts derrière eux.
Un seul n’était pas vraiment mort : Youba.
Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.
Youba est parti au Canada.

Maintenant que la situation s’est calmée, il veut revenir au Burundi.
Il cherche une maison, une école pour ses enfants, des contacts pour ses affaires.
Il attendra la fin de l’année scolaire, les élections du printemps prochain au Burundi, mais il reviendra.
Mais avant de partir, mon ami Youba, je t’invite à Québec. À la Burundaise !

Posted by JTom 00:13 Comments (0)

Le tube de l'heure dans les bars du Burundi

Vive la musique d'inspiration congolaise !

Depuis mon arrivée, j'entends cette chanson (Espoir 2000 - Abidjan Farot) partout et je n'arrive plus à me la sortir de la tête...
Avouez que c'est accrocheur...

Posted by JTom 02:47 Comments (0)

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